UNE JOURNÉE AVEC CHRISTEL AIDE-MÉNAGER.ÈRE SOCIAL.E,
Christel, 35 ans, aide-ménagère sociale en région liégeoise, nous emmène dans sa journée et nous fait découvrir son métier.
Accrochez vos ceintures, son énergie est communicative !
« Cela fait déjà deux ans que j’ai changé de voie professionnelle pour devenir aide-ménagère sociale. Esthéticienne de formation, j’ai d’abord travaillé durant une dizaine d’années dans un centre de thalasso en Belgique. Très vite, j’ai compris que ce qui me plaisait le plus dans ce métier, c’était mon rapport aux autres : discuter, prendre soin d’une personne et contribuer à son bien-être. C’est vite devenu une mission personnelle… et professionnelle !
Cela a d’autant plus raisonné en moi lorsque ma grand-mère a été atteinte d’un cancer du sein, car j’ai constaté à quel point le fait d’avoir accès à certains soins et d’être accompagnée par des professionnels bienveillants, en plus du corps médical, participait grandement à sa reconstruction et à son bien-être, tant physique que moral.
Lorsque j’ai quitté mon poste d’esthéticienne et que j’ai souhaité me reconvertir, devenir aide-ménagère sociale m’a semblé être un bon moyen de poursuivre dans cette voie. Deux ans plus tard, je suis très heureuse d’avoir fait ce choix. Non seulement j’ai une grande satisfaction à voir que ma présence fait une vraie différence dans le quotidien des bénéficiaires, mais en plus je gagne bien mieux ma vie qu’avant. Bref, je ne regrette pas cette reconversion… au contraire ! ».
8h : Début d’une nouvelle journée
Je travaille cinq jours par semaine et j’accompagne en moyenne deux bénéficiaires par jour. Les trajets de mon domicile à ceux des bénéficiaires ne dépassent généralement pas les 10 kilomètres, ce qui est confortable. Je commence par déposer mon fils à l’école et je me rends ensuite chez le ou la première bénéficiaire du jour.
Les profils et les situations des bénéficiaires sont très variés. Il y a bien sûr beaucoup de personnes âgées, généralement isolées, mais il y a aussi de jeunes parents en difficulté ou des personnes de tout âge en situation de handicap ou atteintes de diverses maladies. Je rencontre toujours les nouveaux bénéficiaires avec l’esprit ouvert, sans jugement : mon seul objectif est de comprendre leur situation et de contribuer du mieux que je peux à leur bien-être à la maison.
8h20 : Coup de fil à ma responsable
Je profite parfois de mes déplacements en voiture pour téléphoner quelques minutes à ma responsable, qui est assistante sociale. Bien sûr, en cas d’événement important (un conflit avec un bénéficiaire, un souci de planning, etc.), ou si je suis témoin d’une situation particulière (un problème de santé chez le bénéficiaire, des signes de maltraitance physique ou émotionnelle, une fuite d’eau, etc.), je lui téléphone aussi directement pour remonter l’information et qu’elle prenne le relais.
En plus d’être très utile pour garantir une prise en charge globale du bénéficiaire aussi efficace que possible, cet échange régulier est surtout très agréable. Étant seule chez les bénéficiaires, cela me permet d’entretenir un lien avec mes collègues entre nos réunions d’équipe mensuelles. Avoir une responsable en qui j’ai confiance, à qui je peux parler de tout ce que je vis au quotidien, qui est là pour m’épauler et avec qui, en plus, je m’entends super bien, c’est génial !
8h30 : Première visite du jour
Aujourd’hui, je passe la matinée chez une dame de 85 ans. Elle me propose généralement de boire un café avec elle, ce que j’accepte volontiers. Au-delà des tâches ménagères, mon métier a avant tout une dimension sociale. Je suis là pour prendre soin de l’habitation des bénéficiaires, certes, mais dans l’objectif de contribuer à leur maintien, à leur sécurité et à leur bien-être à domicile. Offrir une écoute attentive, prendre le temps de discuter, vérifier comment ils se sentent moralement et physiquement : tout cela est aussi (voire plus !) important que les tâches ménagères dont je m’occupe. Si les bénéficiaires ont envie de papoter, je réponds donc toujours présente.
Ensuite, attention à la transformation, car je deviens une véritable fée du logis ! Lessives, changement des draps de lit, poussières, petite vaisselle… J’ai une devise : « je fais comme pour moi ! ». Je suis quelqu’un de dynamique, donc j’y vais à fond. Un coup d’aspirateur par-ci, de raclette par-là, un peu d’huile de coude et hop : en quelques heures, je suis super satisfaite de voir que mon passage a fait une vraie différence.
12h30 • 13h00 : Pause et trajet en voiture
Je file pour manger mon repas et me diriger vers la prochaine adresse. Je profite généralement du trajet pour téléphoner à un.e ou plusieurs des mes collègues. On aime se donner des nouvelles très régulièrement, se raconter nos journées, échanger sur nos difficultés éventuelles… Ce métier n’est pas toujours facile, il est donc important de pouvoir en parler avec quelqu’un qui comprend ce que l’on vit au quotidien. J’ai noué des liens très forts avec certain.e.s de mes collègues, que je considère aujourd’hui comme des ami.e.s… c’est donc aussi l’occasion de planifier notre prochaine sortie !
13h00 : Deuxième visite de la journée
J’arrive chez un monsieur de 84 ans qui vit seul depuis le décès de son épouse. Isolé, malvoyant, et souffrant de diverses pathologies, il bénéficie de plusieurs accompagnements : infirmières, aide-ménagères sociales et aides familiales se relaient chaque semaine pour veiller à l’entretien de son habitation, à la prise correcte de ses médicaments, mais aussi à son approvisionnement en courses alimentaires. Dans ce cas de figure, nous veillons à bien communiquer au sein des équipes et avec les autres intervenants grâce à un carnet de liaison, pour assurer un bon suivi global. Je prends donc connaissance des dernières notes de ce carnet avant d’entamer mes tâches ménagères.
Je rends visite à ce monsieur depuis presque deux ans et je prends toujours le temps de papoter avec lui. Puisqu’il n’a plus de famille et que ses occupations sont limitées depuis qu’il est malvoyant, je sais que ma présence lui offre une distraction précieuse et qu’il apprécie nos échanges. L’aide-ménagère sociale fait souvent office de confidente. Il est plus facile pour les personnes de se confier à nous plutôt qu’à leur famille ou à une figure d’autorité telle qu’un médecin. Nous passons plusieurs heures d’affilée chez elles, ce qui favorise en outre les échanges et instaure une relation de confiance. Je suis d’ailleurs convaincue que la capacité d’écoute et l’empathie sont les qualités principales pour faire mon métier.
Être capable de s’adapter à la personne, à ses besoins et à sa réalité est tout aussi important. Je veille toujours à demander aux bénéficiaires ce dont ils ont besoin et leurs préférences. S’ils préfèrent que je nettoie ou range d’une certaine façon, je le prends en compte. Si certaines choses les mettent mal à l’aise, je m’adapte également. Il m’est par exemple arrivé qu’une personne me demande de ne pas nettoyer sa chambre lors de mes visites, car elle considère que cette pièce est trop intime. Tout ce qui importe, c’est qu’ils se sentent bien.
Son état physique est également déterminant. Avec le temps, j’ai appris à ranger et organiser les objets différemment pour les personnes en fauteuil roulant afin de garantir leur accessibilité. Quand je suis ici, puisque ce monsieur est malvoyant, je le préviens lorsque je nettoie le sol pour éviter qu’il ne glisse et je ne laisse rien dans les couloirs, car il pourrait trébucher. Ce sont des petits gestes qui n’ont l’air de rien, mais qui sont importants !
17h00 : Fin de journée et retour à la maison
Certains jours sont plus compliqués que d’autres (mais n’est-ce pas le cas de tous les métiers ?), selon les personnes à qui l’on rend visite, les situations auxquelles je suis confrontée, et même les habitations en tant que telles. Il arrive que la maison ou l’appartement soient en mauvais état et que mes efforts semblent être une goutte d’eau dans un océan. Cela peut être très frustrant pour quelqu’un d’exigeant comme moi, car j’aime le travail bien fait et j’ai envie de contribuer à ce que les personnes profitent d’une habitation vraiment propre, saine et pratique. Mais c’est comme ça ! Je relativise en me disant que mes visites sont utiles, quelle que soit la situation, et que les bénéficiaires profitent dans tous les cas d’un environnement un peu plus confortable grâce à mon passage.
Ce fut une bonne journée ! Tout s’est bien passé et les bénéficiaires étaient contents. Ils apprécient le travail réalisé, mais surtout notre présence… et ils le font généralement savoir en nous témoignant leur reconnaissance ! C’est ça, la magie des métiers de l’aide à domicile : on se sent vraiment utile. C’est définitivement un métier de cœur et sens.
Je quitte donc cette deuxième maison le cœur léger… et un peu fatiguée ! Mais surtout satisfaite.
Et demain ?
Ma semaine va se poursuivre avec la visite d’autres bénéficiaires, que je connais déjà ou que je me réjouis de rencontrer. Et en ce qui concerne la suite, j’ai un rêve : proposer dans le cadre de l’aide à domicile des services liés à ma formation d’esthéticienne. Découvrir à quel point l’aide à domicile est bénéfique pour le bien-être des personnes m’a ouvert de nouvelles perspectives et je souhaite vraiment rester dans ce secteur. J’ai toutefois repris une formation d’esthéticienne sociale pour peut-être, un jour, pouvoir conjuguer ma passion des soins esthétiques et les besoins des bénéficiaires de l’aide à domicile… Suite au prochain épisode !
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